Entrelacs n°1 - La commande

Avant-propos

« À l’époque présente, les enregistrements sonores, le cinéma, la télévision et leur développement rhizomatique (câbles, satellites) envahissent tous les aspects de la vie et prennent en charge des fonctions d’expression, de relation, d’information, de formation : l’articulation des images et des sons revêt des airs de langage. Cependant, la « vidéosphère » a la fâcheuse tendance de ne sécréter qu’une communication impérative produite par les cerveaux d’une minorité de spécialistes. C’est pour ne pas la subir que le citoyen doit accéder aux moyens de s’exprimer et de communiquera fin de l’aider à construire sa personnalité et à s’insérer librement dans la société.

Dans cet esprit, l’École Supérieure d’Audiovisuel de l’Université de Toulouse Le Mirail est devenue la source d’un enseignement qui prépare l’étudiant à recevoir et à s’exprimer : c’est-à-dire à devenir un authentique acteur du Communiquer. Pour ce faire, nous avons visé à harmoniser les apports et les influences issues des sciences humaines et sociales, des sciences expérimentales et appliquées dans un cursus classique de formation universitaire qui mène du généraliste au spécialiste. C’est au carrefour de ces influences et comme lieu de leur traduction dans un nouveau langage que pour nous se révèle le champ de l’audiovisuel. Un carrefour où s’observe et se construit l’entrelacs de deux rubans singulièrement torsadés, celui des sons et celui des images.

« Entrelacs » atteste l’histoire de ce travail (de la « fabrique » selon Francis Ponge). C’est non seulement un nom, celui de la revue, mais aussi une origine, une démarche, des actes, des métiers des rencontres... C’est tout à la fois un titre et une signature.
La revue aura donc comme objectif de réfléchir aussi bien sur des productions à vocation artistique que sur des produits de communication audiovisuelle ou encore sur l’architecture des réseaux de communication. Cette étude devra rendre le temps, la liberté, l’audace de ne pas se soumettre à la première actualité venue. Elle s’enrichira d’un appel aux collatéraux car l’audiovisuel se nourrit des autres arts qui le lui rendent bien.
Bref, et selon le mot d’André Breton, une entreprise de recherches en totale « liberté couleur d’homme ».

Sommaire

  • Avant-propos (Guy Chapouillié) : 4
  • Editorial (Carole Desbarats) : 5
  • Mandarinat, mercenariat ou assistanat (Denis Milhau) : 7
  • L’architecture du visible (Gérard Leblanc) : 15
  • Le chef opérateur, le comédien, le réalisateur et Air Inter (Entretien avec Renato Berta) : 24
  • Le rôle du producteur ou l’obligation de lucidité (Entretien avec Alain Rocca) : 28
  • N’avions-nous pas parlé d’autre chose ? (Entretien avec Dominique Païni) : 30
  • « Ca se refuse pas » (Jean-Paul Fargier) : 34
  • Provoquer une rencontre (Laurence Madeline) : 39
  • À l’origine : la commande d’un clip. Autour du film sur Cézanne (Entretien avec Jean-Marie Straub) : 43
  • Peur et enchantement du film industriel (Jean Samouillan) : 47
  • Paralipomènes synthétiques (Gilles Methel) : 57
  • Les auteurs et la télécommande (Entretien avec Alain Bergala) : 70
  • La paysanne télécommandée (Guy Chapouillié) : 73
  • Les drôles de commande de la vidéo (Serge Regourd) : 93
  • La commande photo ou les mercenaires n’ont pas de regard (Entretien avec Christian Cuajolle) : 99
  • Double commande (Dominique Roux, Michel Roca) : 102
  • Création d’une image : les produits verts de Monoprix (Entretien avec Pascal Piedfort, Pierre Laurent Thève) : 107
  • À propos de Straub (Vincent Goulet) : 110
  • À propos de Claire Simon (Carole Desbarats) : 113

Fiche technique

- Parution : mai 1993
- Numéro en consultation à la médiathèque de l’ESAV.