Corrida audiovisuelle 2005

20e Corrida Audiovisuelle : « Les 20 ans »

« Il était une fois des étudiants et un personnel de l’ESAV qui décidèrent de rêver un peu en proposant à quelques grandes écoles de cinéma et de télévision de venir à Toulouse pour une confrontation de pratiques et d’orientations pédagogiques. Il s’agissait pour eux de faire le point avec leurs films fragiles, leurs photos incertaines, leurs pièces radiophoniques enrouées, et surtout avec une grande envie de parler.

Dans ce regard par-dessus l’épaule, filtrent les souvenirs d’une onctueuse générosité des écoles invitées, d’un respect mutuel libérateur, d’une tension constante et de battements de cœur à l’unisson ; il s’agissait bien là de la naissance singulière d’un silence écarlate.

Aujourd’hui, la Corrida a vingt ans, déjà, et elle est devenue un rendez-vous à ne pas manquer, pour rien au monde, où chacun peut puiser l’énergie nécessaire à ses projets, au beau milieu d’un génotype d’un millier de titres qui donne la mesure de l’enracinement et des promesses, tout en procurant le sentiment de participer à l’élargissement du réel, à faire de la mémoire…

Cependant, la chanson a beau seriner qu’on n’a pas tous les jours vingt ans et laisser entendre que c’est le meilleur moment, il est difficile aujourd’hui de laisser dire que c’est le plus bel âge de la vie.

En effet, école publique est en danger et tous les choix de l’ESAV avec, car sombre est la réforme qui menace la transparence et le principe des études pour tous à la portée de tous. La bassesse de pratiques s’étend et, devant les ravages d’une dérégulation libérale, il serait temps de penser à la valorisation de tous les services publics qui produisent de la solidarité, et non de la charité. Il est temps de ne pas oublier qu’entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. Alors, contre la loi du fric, la redistribution des richesses passe par une égalité parfaite entre le citoyen de la Creuse et celui de la rue de la Paix, c’est-à-dire que les mêmes services sont à protéger, partout. (…)

Pour que ces vingt printemps ne soient pas une fin mais une suite fertile, il est urgent de ne rien lâcher de ce qui permet à chacun de choisir ses études, son mode de vie, sa relation aux autres et sa création… »

Les écoles invitées en 2005